Soit l'oxymore de l'année 2008
L'odeur de pétrole et de cahier neuf a déjà envahie ma chambre. A moins d'être tomber dans le coma tout l'été, personne ne l'ignore, la rentrée est imminente. Ce qui signifie la fin de la chaleur, des garçons torse nu, des fêtes arrosées et de notre bronzage parfait... Cependant, voyons le bon côté des choses (j'avoue qu'il faut être très optimiste pour voir le bon côté de la rentrée, mais faites un effort). La rentrée c'est aussi de nouvelles garde robe, des changements de classe ou même d'établissements, de nouvelles rencontres, de nouveaux profs canons (du moins espérons-le). Puis le moment de ruminer n'est pas encore venu, concentrons-nous plutôt sur nos souvenirs de vacances juste passées. Je ne sais pas pour vous, mais les miennes ont été géniales. Première destination : Londres. Pour tous vous dire, je n'ai pas eu l'opportunité de caser mon « where is my umbrella ? » étant donné que j'avais oublié d'emporter ledit parapluie (grossière erreur dont je me suis aperçue assez rapidement). Faute d'avoir peaufiner mon bronzage, j'ai progressé dans la langue du (beau) prince William. A savoir qu'avant je parlais seulement anglais par intermittence, en effet je maîtrisais parfaitement l'usage des mots « very » et « me ». A mon retour d'Angleterre, j'eus à peine le temps d'échanger mes habits d'automne contre ceux d'été que j'étais déjà dans l'avion à destination de Marrakech, avec mon rhume carabiné spécial « souvenir d'Angleterre ». Le choc thermique fut rude. Le Maroc, c'est le rêve sur papier glacé, les souks, les couleurs, les épices, le soleil... Ceci étant, une fois arrivée dans la ville en taxi à l'intérieur cuir couleur crème, après avoir traversé une rue regorgeant de magasins Converse et Vuitton psalmodiant le dernier tube de Justice, le rêve se fait nettement plus lointain. Sachez que, dès lors où vous aurez posé le pied sur la terre marocaine vous serez automatiquement catalogué par la population locale comme portefeuille ambulant. Il vous sera alors impossible de faire plus de trois pas sans être hélés de part et d'autre par des marchands de toutes sortes dont l'âge est compris entre 7 et 77ans pour vous vendre cendrier/chicha/épices/tapis en poil de chameau et j'en passe. Le dépaysement n'est que de courte durée, étant donné que la plupart des lieux public ne sont fréquentés que pas des français : au restaurant, au Hammam, dans les magasins de contrefaçons, jusqu'à dans les toilettes public, vous ne serez épargné nul part des mots les plus doux de notre jargon. C'est à se demander si ils ne l'on pas fait exprès, de tous partir en même temps. Ou peut-être est-ce leur dernier voyage nécessitant un trajet en avion, étant donné la flambée du pétrole dont le prix côtoie de près le tarif indicatif du Chanel n°5. Après un séjour en Espagne où les seules connaissances de la population à propos de la France sont l'hymne nationale et la célèbre chanson de Lady Marmelade à laquelle j'ai droit chaque année -et qui prône la première place dans toutes les boîtes de nuits espagnoles-, je repars pour mon pays connu pour sa grande culture musicale au moment où l'un des leurs s'apprêtait à me demander si moi aussi je dansais sur le pont, d'Avignon. Ouf. Aussitôt rentrée j'ai seulement le temps de constater que, après le festival, c'est vrai que c'est nettement plus vide ici. Puis me voila repartie direction la Normandie. J'aimerais bien savoir qui a dit que l'air de la campagne changeait les idées ? Parce que moi cet air là n'arrange en rien mon rhume made in England et la pluie rend le sol boueux impraticable (pour mes nouvelles chaussures, s'entend). Evènement de l'année : la fête de la carotte. Population : trois chèvres et une mamie moustachue. Note pour moi-même : penser à acheter de l'autobronzant. Sur ce, bonne rentrée à tous.
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